(L’Alchimie rouge-verte / Soufre-Mercure / Masculin-Féminin
du Cimetière ashkénaze de Worms – Allemagne)

Safed, ville de Galilée construite par les Templiers, fait toujours rêver comme haut-lieu de la Kabbale. Elle serait la ville de l’Air. C’est vrai il y est plus plus pur, plus spirituel qu’ailleurs. Tous les religieux et artistes locaux, les touristes de passage, peuvent en témoigner.

Le denier Colloque de « La Kabbale de Safed » du 3 au 17/11/24 par le Beit Ha Zohar nous a rappelé cette immanence liée à la Shekhinah, en particulier après l’exil d’Espagne de 1492, où différents mystiques, en particulier Moshé CORDOVERO et Haïm VITAL, enterrés au célèbre cimetière de Safed avec ses fascinantes tombes de rabbis, montrèrent la voie spirituelle et terrestre qui se concrétisa un jour par la création de l’état d’Israël.
Mais il y a différentes formes de Présence. La Shekhinah, celle des Egyptiens-Hébreux dans leurs longs périples réels et symboliques n’est pas celle des Bouddhistes, qu’on se le dise. Matthieu RICARD n’est pas Mosès-Moshé-Moïse. Et après avoir rendu leur part justifiée aux uns et aux autres, entre la mission et la rédemption, n’est-il pas temps pour un plus grand nombre, et non plus pour la minorité en charge de la transmission de la tradition et la recherche universitaire, de passer à autre chose pour la Kabbale du 21° siècle ?
Même si certains veulent encore croire « qu’Israël échappe à l’attraction des astres » (Eïn mazal lé Israël), l’ère des Poissons (Adar) se terminera vers 2100 pour accoucher de celle de l’ère du Verseau (Shevat). Alors, n’est-il pas de désembourber cet univers du folklore, de la croyance magique, d’un certain enfermement religieux, récupérés aussi parfois par l’occultisme et le new age ? Les bondieuseries de tous bords finissent tôt ou tard dans une forme de dé-lire du réel, dans l’attente de se dé-lier de sa dette inconsciente. A quoi bon dénier la religion du fils présumé de Dieu si c’est en final faire comme eux ?
Chacun son interprétation et sa pratique de ce merveilleux système de pensée permettant d’unir le microcosme et le macrocosme. Bien des groupes l’ont adopté et le développent avec bonheur dans leur propre logique secrète. Considérant que la Kabbale, d’origine égyptienne et codifiée par les juifs, est aujourd’hui aussi universelle que la Torah, à condition de choisir sans remords le tournant de la psychologie des profondeurs.
Plus que jamais, la priorité est le présent et l’incarnation, être en bas (Malkhouth), surtout dans son corps et non plus en-haut (Kéther). Voilà pourquoi la spiritualité asiatique et sa praxis triomphent dans le monde entier depuis plusieurs générations. Personnellement, je trouve que cela fonctionne vraiment que si l’on traverse le spirituel, l’intellect, l’inconscient et le corps. Dans ce cas-là, vous l’avez bien compris, il y a des appelés, mais peu d’élus. Et d’ailleurs, on nait kabbaliste, et on ne le devient pas (cf. Emmanuel LEVYNE).

Comme le promet le Sepher Yetsirah – le Livre de la Création, celui qui connait « les Nombres, les Lettres et le Commentaire – Torah », connait l’univers, soit le Zodiaque, le Zoé Diakonos, le Derekh Hayim, le chemin de vie. Beaucoup le savent, mais peu le font globalement. Ceci est ma première contribution vous prouvant que cette méthode permet à chacun sur Terre, quelle que soit son origine, de connaître sa place dans l’arbre de vie.
Cette méthode permet ensuite de s’épanouir dans la Kabbale générationnelle permettant de dévoiler le dessous de l’exil-rédemption, à savoir la Dette générationnelle.
Selon les différentes Traditions, de la Bible à la Chine, un destin familial se jouerait en final sur 8-10 générations. Pour cela, dans le cadre d’une Constellation Familiale traditionnelle, nous devons remonter au moins jusqu’aux AR AR Grands-Parents. Sans oublier les effets-miroirs inter et intragénérationnels entre les lignées paternelles et maternelles.
Mais en bonne comptabilité, il y a toujours en final un solde karmique à calculer-constater, et à payer individuellement. Chacun porte sa croix sur cette terre quelle que soit sa condition sociale et culturelle, et sa croyance.

Bien entendu, chaque famille bénéficie aussi du côté positif de l’héritage, les mécanismes de survie et de réussite, et fondamentalement, de la force de vie de ses ancêtres. Tant qu’il y a la vie, il y a de l’espoir, même dans les situations les plus difficiles. C’est cela croire en son destin. De même au Ciel, le soleil descend en automne-hiver, et l’obscurité arrive avec son cortège de peurs. Puis, il remonte et l’espoir renait au printemps-été. Ainsi, d’une part, nous créons Kippour, Samhain-Toussaint, Hanouccah, Sol Invictus-Noël. D’autre part, émergent Pessah-Pâques, le Ramadan, l’Aïd, etc.
D’ailleurs, en y regardant de près, une famille est un groupe qui se reproduit dans le temps également avec ses propres lignes de résilience, de faiblesse et de rédemption. Tout en redistribuant successivement les cartes et les rôles positifs et négatifs.
La Dette reste le sujet le plus tabou des familles et de la société. Elle est le serpent de mer de notre bonne et mauvaise conscience individuelle et collective. Un peu à l’image de celle de nos finances publiques, pendant longtemps, jusqu’au moment où le Vase déborde. Sujet brûlant d’actualité.
L’Inconscient dicte sa loi dans nos vies, et nous négocions en permanence un compromis à la Dette, comme dans la vie politique actuelle. Qui l’eut cru ?

(Zakhor, souviens-toi des générations)
En appliquant les codes du chemin de vie à chaque personne d’un arbre généalogique, nous pouvons sortir un génogramme pointu grâce à des raccourcis signifiants avec les dates de naissance / prénoms / décès / mariages / divorces, etc. Et en faisant la liste du passif à clarifier (IVG-fausses couches, abus sexuels, etc).
Le déterminisme apparent de la Kabbale, permettant seule par sa logique de remonter à la « cause des causes », permet de décrypter l’inconscient immédiat issu de nos parents, et porteur de ceui des générations précédentes. La déchirure du décès de nos parents nous libère une première fois de notre Dette, qui sera totalement soldée à notre propre départ. Il ne nous est pas possible de l’effacer, mais pour une minorité, de la dépasser dans l’acceptation par un travail de prise de conscience.
Souvenez-vous, Moïse aperçoit la Terre promise, mais n’y entrera pas (Haazinou-Deutéronome). Est saint celui qui s’est libéré de son inconscient ; sa Nechama rayonne.

© Eric LE NOUVEL
Photos © Kabbale Sud


