DESTINATION VAUVERT-POSQUIERES (30)

Vauvert est une commune française située dans le département du Gard (30) en région Occitanie.

Ses habitants s’appellent les Vauverdois et les Vauverdoises. On les appelle également « li roula code » soit « les pierres qui roulent », car à Vauvert, lors des fortes pluies, des galets plus ou moins gros (très abondants sur les Costières) sont entraînés par le ruissellement dans les rues de l’agglomération. Il s’agit d’un des nombreux sobriquets collectifs utilisés dans les villages méridionaux.

Histoire

Moyen Âge

Porte de Saint Gilles, base de l’actuelle tour de l’horloge

Appelée Posquières au Moyen Age, la cité connut un grand renom. La cité et son château étaient bâtis sur la colline dite le Castelas. Le site était déjà occupé dans l’Antiquité puisque des vestiges d’une villa romaine y ont été découverts. Les origines du fief de Posquières se situent vraisemblablement au VIe ou au VIIe siècle. Le premier document écrit fiable qui mentionne l’existence de Rostaing Ier, seigneur de Posquières, date de 1066. L’étymologie du mot Posquières a fait l’objet de controverses chez les historiens de la commune. Une recherche publiée en 1998 dans le Bulletin de la Société d’Histoire de Posquières-Vauvert montre qu’une altération phonétique du B et du P permet d’avancer que Posquières dérive du latin et de l’hébreu boscus+ariae (boscariae) c’est-à-dire l’endroit où l’on trouve des bois.

(Porte Saint-Louis près de la rue des Juifs – Photo © Kabbale Sud)

Posquières était une cité où vivait une communauté juive relativement importante. Les juifs s’installent progressivement vers le VIIIe siècle et leur population s’accroît en 1140 avec l’exil des juifs andalous fuyant les persécutions almohades. En 1165, le voyageur itinérant juif, Benjamin de Tudèle, évaluait cette population à 40 familles, ce qui peut représenter approximativement 200 à 250 habitants. Au XIIIe siècle, la communauté a pu compter jusqu’à 400 habitants, soit une estimation d’un tiers de la population du bourg. À Posquières, les juifs vivaient dans le quartier situé sur les versants sud et sud-est de la colline, à l’extérieur des murailles du château. Plusieurs noms de rue attestent de cette présence de la communauté juive de Posquières devenue Vauvert : la rue des Juifs, la rue des Bonnets carrés, notamment. Un fragment d’un des piliers de la synagogue a été trouvé dans la cour de la maison où se trouvait l’édifice religieux, rue Zig-Zag. Au n°12 de la rue des Juifs, les traces du porche d’entrée de la synagogue ont disparu dans des travaux de rénovation. On a trouvé également une sculpture réemployée sur la façade d’une maison. Les Juifs sont chassés en 1306 par Philippe le Bel et migrent vers Tarascon, puis vers le Comtat Venaissin (Avignon) qui était terre du Pape. Rabad de Posquières et son fils Isaac l’Aveugle développèrent dans leur académie rabbinique leurs connaissances et commentaires quant à la kabbale juive. L’année 1406 marque l’expulsion définitive de la Communauté juive de Posquières (1). L’âge d’or hébraïque, humain et spirituel, dura ici du 12° au 14° siècle. Puis, le nom de Vauvert se substitua à celui de Posquières qui fut refoulé dans l’histoire.

© Kabbale Sud

Située au creux d’un vallon nommé Vallis viridis (c’est-à-dire vallée verdoyante, qui donnera ensuite Vauvert), l’église de Notre-Dame de la Vallée verte était le lieu d’un pèlerinage parmi les plus notables de France, tout juste après celui de Notre-Dame de Boulogne. Les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle s’y arrêtaient. L’église Notre-Dame était alors reconnue dans tout le royaume de France. On y faisait des diableries, sortes de mystères théâtralisés qui faisaient intervenir Satan. En 1254, le sire de Joinville, chroniqueur du roi Louis IX, rapporte qu’un chevalier tombé à la mer fut miraculeusement sauvé par Notre Dame de Vauvert. Le roi se rendit à Vauvert pour remercier la vierge et ordonna la construction d’un hôpital qui se situait entre les rues Carnot, des Juifs et Plegnol. La petite place formée par le carrefour de ces rues s’appelait autrefois place Saint-Louis, en souvenir de la visite du roi. La porte à l’angle de la rue Voltaire et de la rue Carnot appelée « Porte St Louis » est une porte de style Louis XIII, elle ne date donc pas du XIIIe siècle, et n’est pas la porte de l’ancienne maladrerie ou hôpital, qui se situait de l’autre côté du carrefour. Des travaux d’embellissement de l’hôpital sont effectués et financés par Jacques Ier d’Aragon, l’architecte est Martin de Lonay. On y construit une église, c’est le même qui est à l’origine de l’abbatiale de Saint Gilles. En juin 1270, Louis IX fait étape à Vauvert avant de partir de nouveau en croisade ; il dort dans la maladrerie quelques mois avant son décès.

© Kabbale Sud

Entre 1292 et 1299, Héthoum de Korikos aurait fait un pèlerinage à Notre-Dame de Vauvert, sans qu’on puisse savoir s’il s’agit du Vauvert de Paris ou du Vauvert gardois. En 1305, Vauvert accueille le pape Clément V, puis Guillaume de Nogaret en 1311. Le roi Charles IV le Bel, après avoir battu les Flamands, oblige 300 d’entre eux à effectuer des pèlerinages. Cent de ces pèlerins sont dirigés vers Saint-Gilles et Vauvert. Impressionnés par les représentations théâtrales données sur le parvis de l’église, appelées « diableries » (mystères qui font intervenir Satan), ils parleront longtemps, à leur retour, du diable de Vauvert, comme d’une chose fantastique mais située très loin : « au diable Vauvert ». Pendant les XIVe et XVe siècle, Vauvert est réputée pour son pèlerinage de la Vierge : l’église est agrandie fréquemment pour accueillir toujours plus de pèlerins. Elle est considérée comme la plus belle du Languedoc.

Dès le XVIe siècle, des documents révèlent la ruine du château et la dégradation de l’église. En 1538, Vauvert accueille le roi François Ier et toute sa cour.

Époque contemporaine

Château de Montcalm (XIXe siècle) à Vauvert (Gard).

Chapelle de Montcalm (30)

Le Marquis de Montcalm, célébrité française à Québec, fut baptisé en l’église de cette ville. Vauvert donna son nom, pour une raison encore inconnue, à un lieu-dit sur la commune de Dolbeau-Mistassini au bord du Lac Saint-Jean au Québec.

Photos : © Kabbale Sud

Le patrimoine architectural de la commune comprend deux immeubles protégés au titre des monuments historiques : la chapelle de Montcalm, inscrite en 2000, et le temple protestant, inscrit en 2012.

Source : Wikipédia, etc.

L’esprit de renaissance culturelle d’un certain passé spirituel souffle sur la ville.

En 2019, la Municipalité réaménage à la rue de la Barre l’emplacement de l’ancien cimetière israélite local, et y fait ériger cette stèle commémorative, inaugurée le 15/5/19.

Ville de Vauvert

Gard : une stèle à l’emplacement d’un cimetière juif médiéval inaugurée à Vauvert

Quand Vauvert s’appelait Posquières, un nom connu dans le monde entier

Posquières-Vauvert

Une stèle pour rappeler le riche passé de Posquières et de son école rabbinique

Gard : la commune de Vauvert rend hommage à son passé juif

Photos © Kabbale Sud

Et en 2021…

Rafael RAWET et sa famille sur les traces de leur ancêtre rabbin (le Raavad 3)

Rafaël, sur les traces de ses ancêtres qu’il retrouve à POSQUIÈRES

Un descendant du fondateur de l’école juive de Posquières vient se recueillir devant la stèle de ses ancêtres

TEMOIGNAGE DE RAFAEL RAWET

Chers mesdames, chers messieurs,
Je suis un jeune juif brésilien de 26 ans, descendant du Rabbi Abraham Ben David de Posquieres, et je voulais exprimer ma gratitude à la ville de Vauvert pour le travail mené afin de retrouver l’histoire et la tombe de mon ancêtre.
Par une heureuse coïncidence, quand je suis arrivé en Provence pour mes vacances, j’ai cherché à nouveau le nom de mon ancêtre Rabbi Abraham Ben David, pour voir si je pouvais trouver une information de plus. Cette fois-ci, j’ai trouvé un article qui parlait de l’inauguration de la stèle de mon ancêtre qui a eu lieu en 2019.

Je tiens à vous exprimer ma reconnaissance, car de père en fils, nous nous transmettons l’histoire de cet ancêtre dont nous portons le nom jusqu’à aujourd’hui.

Je tiens à vous exprimer ma reconnaissance, car de père en fils, nous nous transmettons l’histoire de cet ancêtre dont nous portons le nom jusqu’à aujourd’hui.

En effet les initiales du nom du Rabbin Abraham Ben David, RABD, ont évolué a travers les pays que nous avons traversés en RAWET (prononcé de manière similaire en Pologne, ou est né mon grand-père). Notre nom écrit en hébreu est resté le même depuis le temps du rabbin décédé en 1198, même si la transcription phonétique a évolué en fonction de la langue du pays ou nous étions.
Quelque soit le périple de ma famille qui a traversé de nombreux pays, et qui vit aujourd’hui entre le Brésil et Israël, nous sommes restes très attachés au berceau de ma famille qui se trouve en Provence. Mes parents Jael et Silvia sont venus à Vauvert en 1994 sur les traces du Rabbin Abraham ben David et avaient par la suite envoyé un courrier à la mairie en 1998 en demandant s’il y avait plus d’informations disponibles.

C’est avec beaucoup d’émotion que je viendrai me recueillir sur la tombe ce jeudi 12 aout, mais également découvrir le village et le cadre dans lequel il a vécu. 
Ce serait également un grand honneur pour moi de rencontrer tous ceux qui ont contribué par leurs actions, a faire vivre la mémoire de mon ancêtre.

Toute la famille Rawet se joint à moi pour remercier toutes les personnes impliquées, dont M. Roca, M. Teulade, M. Denat, M. Guigou et M. le rabbin Meier Gabbai.
Je ferai connaitre vos actions et la ville de Vauvert à la communauté juive de Sao Paulo au Brésil, à laquelle j’appartiens.

Merci encore, 
Rafael F. Rawet

Le retour de Posquières

Interrogeons la Kabbale pour en savoir plus…

Numérologie de VAUVERT : 4134592 : 28 : 10 : 1 : s’affirmer dans les principes pour exprimer son identité. Un sujet d’actualité locale. Par contre, sa Guématrie 28 : Héhéyah – ressusciter, revivre !

POSQUIERES : 7618395951 : 54 : 9 : amour pour autrui, sens de l’humanité et de l’universel.

VAUVERT + POSQUIERES : 54 + 28 : 82 : 10 : 1 : s’affirmer dans les principes pour exprimer son identité (confirmé). La Guématrie en 82 : Ohév hayim, bon vivant – Hassid, pieux, dévôt (les pèlerins ?)

POSQUIERE selon © Michel MOCHE

Si nous poussons l’interprétation grâce aux sources (2) : POSQUIERES : PUTHIQIERES dans la transcription de Benjamin de Tulède, Itinéraires 1,4, en 1165 :
Phé – Vav – Tav – Yod – Yod – Qof – Yod – Yod – Resch – Shin : פ ו ו י י ק י י ר ש
Guématrie : 80 + 6 + 400 + 10 + 10 + 100 + 10 + 10 + 200 + 300 : 1126 ?
Réponse : rien dans le dictionnaire (le temps est passé).

Par contre, selon Moïse Maïmonide, dans Responsa 14b, 1175 : PUSQUIERA :
Phé – Vav – Shin – Qof – Yod – Resch – Shin : פ ו ש ק י ר ש
Guématrie : 80 + 6 + 300 + 100 + 10 + 200 + 300 : 996 : Atika qadicha, l’Ancien des Jours.

L’Ancien des Jours selon William BLAKE (1794)

« Ancien des jours » est un nom de Dieu dans le Livre de Daniel : dans l’original araméen atik yomin עַתִּיק יֹומִין; dans la Septante palaios hemeron (παλαιὸς ἡμερῶν); et dans la Vulgate antiquus dierum.

Le titre « Ancien des jours » a été utilisé comme source d’inspiration dans l’art et la musique, dénotant les aspects du créateur de l’éternité combinés avec la perfection. L’aquarelle de William Blake en est un exemple.

Dans le Zohar, le document fondateur de la Kabbale qui a émergé dans l’Espagne du XIIIe siècle, il est fait mention de l’Ancien des Anciens et du Saint Ancien – Atika Kadisha, interprété de manière variable comme synonyme de Ein Sof , la Divinité non manifestée. L’Ancien des Jours est la manifestation de l’Ancien des Anciens au sein de la Création. Il se réfère à la source la plus primaire («ancienne») de création dans la volonté divine, Kéther («Couronne»). (Wikipédia).

Page de titre du livre Baalei Ha-Nefesh (sur les lois de Pureté familiale) par Abraham ben David de Posquières, 1761-62. (Wikipédia)

Je vous propose alors ma propre interprétation : POSQUIERES : P-S-Q-R-S : les consonnes seules :
Phé – Shin – Qof – Resch – Shin : פ ש ק ר ש :
80 + 300 + 100 + 200 + 300 : 980 : Béirour veTiqoun, clarification et réparation – Yroushalaïm Shél-Matah, Jérusalem d’ici-bas.
Variante : P-S-Q / R-S (Resch) : Phé – Shin – Qof – Resch : פ ש ק ר
80 + 300 + 100 + 200 : 680 : Rouahniyout, spiritualité.

Le débat reste ouvert.

Par contre, la Mairie continue sur sa lancée stratégique à faire advenir officiellement le nouveau nom de la ville en VAUVERT-POSQUIERES, un jour ou l’autre.

Bravo à Monsieur le Maire et à son équipe pour cet esprit de renaissance culturelle, conforme d’ailleurs au principe kabbalistique du Guilgoul, la rotation. Après plus de 600 ans d’exil, le retour officiel du symbole Posquières est annoncé à Vauvert. Mais pour quelle rédemption ? Et l’esprit de la Kabbale également ?

Car, dans le pays d’Aigues-Mortes, il est bon de rappeler qu’à la suite d’une Bulle papale, le bon Roi Saint Louis fit brûler le Talmud en place de Grève à Paris en 1242. Il revint imprimé en édition complète de Venise au 16° s.

Entropie et néguentropie, mort et résurrection, le cycle naturel des choses…

Un mot sur la (Petite) Camargue

Le Ciel repose sur la Terre. De même que le but de l’Arbre de Vie est la Séphira Malkhouth, restons les pieds sur terre, et plus exactement celle de la (Petite) Camargue où il est juste de lutter contre les éléments, et bon d’y vivre au soleil. La Kabbale, ou son souvenir, fait partie du paysage comme les Saintes Maries, etc.

Faut-il aller plus loin pour chercher le pourquoi du comment ? L’ex-culte du taureau associé à Mithra, les chevaux, les Gitans porteurs de la tradition cachée, le Tarot des Bohémiens, et remontant comme Sarah, au symbole de l’Egypte, la mer / mère Méditerranée, et son sel, la puissance du Féminin, etc.

Point s’en faut, tout ce paysage, son peuple et son histoire, portent une énergie brute et concentrée nous ramenant à l’essentiel, la force de vie, et les différentes expressions de ses degrés d’âme.

(à suivre)

Enquête menée par Eric LE NOUVEL

(1) Cf. La communauté juive de Posquières au XII° siècle selon la Gallia Judaïca par Alain TEULADE,

(2) Cf. Le toponyme POSQUIERES : un cas d’hybridation sociolinguistique par Dominique RENAUD,

in Le Bulletin de la Société d’Histoire de Vauvert-Posquières (N°4, 1998).

Et quand c’est l’heure, c’est l’heure :

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